Alors qu’en 2008, l’électrique était le mode de chauffage choisi pour 70% des projets de construction, nous observons une baisse considérable  depuis 2011 pour n’atteindre que 21% au premier semestre 2013. Enquête sur la mort du ‘roi’ du chauffage! 

 Un crime profitant avant tout aux autres énergies

Le chauffage électrique a vite été remplacé par d’autres énergies.  En effet, au premier semestre 2013, près de 70% des logements neufs collectifs étaient chauffés au gaz contre 33,5% en 2009. Le gaz est également aujourd’hui présent dans plus de la moitié des projets de constructions de maisons individuelles contre 30% en 2009.  Par ailleurs,  les pompes à chaleur représentent désormais 47 % des installations de chauffage dans le Nord de la France et le bois  assure le chauffage de 27 % des maisons RT 2012.

Par ailleurs, le nombre d’appareils fixes de chauffage électrique est en pleine dégringolade : 4,2 millions d’appareils étaient vendus en 2007 et dans une étude de 2013, le GIFAM s’apprêtait à connaître à une baisse des ventes de près d’1,7 millions d’appareils jusqu’en 2015.

Nous sommes donc bien face à une lente mort du chauffage électrique. Mais à qui la faute?

La RT 2012, à l’origine du mal?

La RT 2012, entrée en vigueur en janvier 2013, a changé les habitudes de construction en favorisant les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles.  En effet, le bilan énergétique des constructions neuves ne doit désormais pas dépasser les 50kWh d’énergie primaire par m², ce qui impose donc une diminution de la consommation énergétique des logements et une amélioration de l’isolation de ces derniers.

De plus, la méthode de calcul de la RT2012 pénalise l’électricité en considérant qu’1 Kwh d’énergie primaire équivaut à 0,387 Kwh d’électricité alors que les autres énergies (gaz, bois, réseau de chaleur) ne font l’objet d’aucun coefficient de performance. Ce calcul tient compte du mauvais rendement des centrales électriques et des pertes d’énergie liées au transport.

Donc pour bien comprendre : pour un logement qui consomme entre 40 et 50kWh/m², la consommation électrique doit être comprise entre 15.5 et 23.5kWh/m². Un défi difficile à relever pour un convecteur qui consomme en moyenne entre 2 et 4kWh.

 Face à ce constat, nous devons bien l’admettre : le chauffage électrique est en fin de vie. Mais il lui reste une chance de survivre et d’évoluer grâce aux technologies de pilotage et de smart home qui devraient lui permettre d’améliorer son efficacité.