« Le débat sur la transition énergétique est un débat global sur l’avenir de notre société face aux enjeux énergétiques et climatiques. Il engage notre avenir économique et nos emplois » écrit Bruno Lechevin, président de l’ADEME (Agence de L’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), dans une tribune publiée sur le site des Échos. L’objectif du débat sur la transition énergétique était en effet de faire de la France la nation de l’excellence environnementale, fondée sur la sobriété et l’efficacité énergétique, sans baisser pour autant son exigence en termes de croissance économique.

Suite au remerciement de la ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, Delphine Batho hier soir, une rétrospective du débat, des enjeux et des suites de la Transition Énergétique est d’actualité.

Un débat de premier plan, organisé sur plusieurs mois

Un grand débat sur la Transition Énergétique s’est en effet bien tenu depuis plusieurs mois au sein du pays. Lancé en novembre 2012, il est passé par plusieurs phases de concertation et de débats entre différents acteurs : citoyens, professionnels ou institutions ont ainsi pu échanger leurs différents points de vue. Par la suite, sept groupes de travail ont été constitués pour approfondir des thèmes précis, tels que, par exemple, le choix possible entre différentes énergies renouvelables, une réflexion sur les coûts, les bénéfices et le financement de la transition énergétique, ou encore sur le rôle de l’État et des collectivités dans la gouvernance de cette transition.

L’heure est maintenant à la publication des synthèses des différents groupes, ainsi que leurs recommandations. Aussi, pour se retrouver au sein de plus 200 recommandations différentes, un document de synthèse a été rédigé, classant hiérarchiquement les thèmes par ordre de priorité, selon les membres des groupes de travail.

Les trois thèmes prioritaires étant une rénovation énergétique du parc de bâtiments existants, la mise en place d’une fiscalité environnementale et la réduction de l’impact des transports. Il est néanmoins à noter que cet ordre ne correspond pas nécessairement à celui des contributions citoyennes exprimées lors de la journée citoyenne du 25 mai 2013, qui classait notamment la réduction de l’impact des transports comme première priorité.

Quelles suites donner à un tel débat ?

Suite à ces publications, et en plus du dialogue qui devra se poursuivre entre institutions, professionnels et citoyens, le débat sur la Transition Énergétique se fera attendre sur un nouveau terrain de jeu. C’est au Parlement, en octobre 2013, que devrait être présenté un projet de loi sur la transition énergétique, directement issu de la phase de concertation et des différentes recommandations des groupes de travail. Le Parlement pourra alors trancher sur les actions prioritaires à mettre en place au cours des prochaines années, dans un contexte de budget resserré pour le ministère de l’Ecologie, qui devra composer avec une prévision de baisse budgétaire de 7% pour l’année 2014.

L’année s’annonce donc remplie pour le nouveau ministre, Philippe Martin, qui a déjà échangé avec sa devancière sur la transition énergétique lors de la passation de pouvoir, soulignant que l’enjeu écologique était “une exigence absolue”.