La devise informelle de Google : « Don’t be evil » (littéralement « ne soyez pas malveillants »), sixième point de son décalogue philosophique,  s’applique également à sa politique environnementale. Au cours de ces dernières années, le géant de Mountain View a su faire preuve d’exemplarité écologique. En février dernier, Greenpeace le positionnait d’ailleurs en tête de son classement « Cool IT » pour sa transparence et sa stratégie ambitieuse en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Des paroles donc, mais des actes, aussi. Pour faire écho à un article publié récemment sur Energystream, chez Google, le Green IT survit à la crise.

Le Green datacenter by Google

Chez Google, l’efficience énergétique des datacenters est au cœur des préoccupations : le centre de données durable se positionne comme le premier levier de sa stratégie Green IT. Dans cette optique, les best practices mises en œuvre par la firme américaine sont les suivantes :

  • Mesure du PUE (Power Usage Effectiveness). Indicateur de l’efficacité énergétique d’un datacenter, le PUE prend en compte les 3 principales composantes de la consommation électrique du datacenter : la consommation des équipements IT, celle liée à leur refroidissement, et les pertes dans la chaîne de distribution électrique. Il est calculé en effectuant le rapport entre l’énergie nécessaire en entrée du datacenter et l’énergie consommée par l’IT. Les PUE des datacenters traditionnels oscillent entre 2 et 2,5 (Cf. Focus Solucom « Vers des centres de données durables »). Chez Google, il atteint 1,14.
  • Optimisation du refroidissement. La bonne gestion de l’écoulement d’air, la réduction du recours à l’air conditionné, et le recours au « free cooling » (littéralement « refroidissement gratuit »), en tirant profit d’environnement extérieur, permettent de minimiser la consommation électrique imputable au refroidissement. Le géant du web refroidit par exemple les serveurs de son data center d’Hamina en Finlande en puisant de l’eau froide dans les profondeurs du fjord adjacent. Plus surprenant encore, 30 % de l’eau consommée pour le refroidissement de son datacenter de Douglasville provient du réseau d’eau usée de la ville. L’eau est ensuite refroidie à l’air libre et assainie avant d’être rejetée dans la rivière Chattahooches.
  • Optimisation de la chaîne de distribution électrique. Jusqu’à un tiers de l’électricité utilisée par un serveur traditionnel est perdue avant d’atteindre le moindre composant informatique. Chez Google, la perte est réduite à 15% grâce notamment à la minimisation des points de conversion électrique.

Grâce à ces bonnes pratiques, parfois surprenantes il faut le reconnaître, les datacenters Google se révèlent deux fois moins énergivores que la moyenne (PUE de 1,14 contre 2,25 pour un datacenter traditionnel).

Le Green datacenter by Google

Le Green power by Google

Google s’est fixé comme objectif de ne recourir, à terme, qu’à des énergies renouvelables pour couvrir  l’ensemble de ses opérations. Ambitieux.

Dans cette perspective, dès 2007, sur son campus de Mountain View, le géant américain a fait construire une installation photovoltaïque capable de fournir 30% de l’électricité consommée sur site. Plus récemment, en septembre 2012, Google a conclu un accord avec GRDA (Grand River Dam Authority) afin d’alimenter en énergie éolienne son datacenter situé dans l’Oklahoma.

En outre, depuis sa création, en 1997, Google a investi plus de 915 millions de dollars dans des projets de grande ampleur.

Parmi les investissements les plus emblématiques, nous pourrions citer, crescendo :

  • Shepherd’s Flat, une ferme d’éoliennes dans l’Oregon, qui deviendra prochainement la plus grande du monde avec une production de 845 mégawatts. Somme investie par Google : 100 millions de dollars (un peu plus de 75 millions d’euros).
  • La ferme solaire d’Ivanpah dans le désert californien de Mojave, opérée par BrightSource Energy. Somme investie par Google : 168 millions de dollars (près de 130 millions d’euros).
  • Le fonds d’investissement SolarCity, destiné à financer l’entreprise du même nom, qui fournit et pose des panneaux solaires aux particuliers et aux entreprises aux Etats-Unis. Somme investie par Google : 280 millions de dollars (près de 215 millions d’euros).

Le Green business by Google

Cependant, l’exemplarité écologique du géant de Mountain View n’est pas désintéressée. Comme le rappelle Rick Needham, directeur des opérations “green business”, il ne s’agit pas de philanthropie, mais bel et bien de business. Ces green projects constituent, de fait, un moyen pour la firme américaine de diversifier ses placements. Ils représenteront prochainement, via le rachat de l’électricité par les particuliers, une nouvelle ressource financière non négligeable.

Ces investissements sont d’ailleurs d’autant plus rentables que le gouvernement américain accorde des réductions d’impôts aux sociétés privilégiant les énergies propres.

Enfin, reconnaissons que cet engagement en faveur des énergies renouvelables permet à Google de soigner son image de marque. Green business is green business.